Podcasting story [ partie 1 ]

Le podcasting est mort !  … Qui l’a tué ? Cette techno de diffusion promise à un brillant avenir en 2005 n’a pas fait ses preuves. Elle n’a pas rencontré le succès escompté auprès du grand public. 2009 sera-t-elle l’année de la renaissance ? Voici le premier article consacré à l’histoire du podcast francophone et aux débouchés que cette technologie peut encore apporter.

Pourquoi le podcasting ne décolle toujours pas ?

En 2005, un certain Adam Curry invente ce mot bizarre : “Podcasting” et crée la première émission à succès directement diffusée par ce biais … Mais quel biais ? Le podcasting est un fichier audio ou vidéo glissé dans un flux RSS. Il est donc extrêmement facile de s’y abonner et de recevoir l’émission automatiquement sur son ordinateur ou son iPod … Il est donc “technologiquement” aussi facile de s’abonner à un podcast qu’à un blog.

Bref, une fois la techno finalisée debut 2005, il ne resta plus qu’à évangéliser ce nouveau média et “créer l’envie … ou un besoin” chez l’utilisateur (comme disent les marketeux).

Oupss, il semblerait que ce soit là que ça pêche, le podcasting fût produit par des technophiles pour d’autres technophiles. N’aurait-on pas un peu oublié le public en cour de route ?

Podcasting … podcast-quoi ?

En 2005, ce média débarque en France et avec mon ami Pierre Fosco, nous lançons notre première émission expérimentale : “Pauvcast”. Tout est relatif bien sûr, mais on peut considérer que ce programme eu un petit succès aux vues des scores de l’émission dans les charts de iTunes. L’émission prit fin un an plus tard pour laisser place à MusiK Please lancée avec notre première boîte de prod “PODCOM“.

Autour de ce mouvement, les protagonistes de l’époque créèrent le GPF (Groupe de Podcasteurs Français). Le but était de communiquer ensemble et trouver des solutions pour faire avancer cette technologie qui nous semblait être l’avenir : pouvoir regarder où l’on veut, le programme que l’on veut, à l’heure que l’on veut. C’est à mon sens le début de ce qu’on appelle aujourd’hui la VOD.

Le constat est, qu’en ce début 2009, le grand public ne connait toujours pas le podcasting. Rares sont ceux qui ont vu l’utilité de ce pauvre média. Pourquoi pauvre ? Car il fut fait par des passionnés avec peu de moyens. Ce fut en quelque sorte les “radios libres” version 2000. Pourtant le contenu de certaines émissions était brillant, original … voire même expérimental. Ce fut un espace de création “non formaté” où tout un chacun pouvait librement s’exprimer.

Mais voilà, cette technologie fut vite récupéré par les radios commerciales, et le podcasting fut considéré par le public comme un simple moyen de rediffusion, plutôt qu’un nouveau moyen de communication … Et c’est là que démarra le non succès de cette technologie.

Les podcasteurs indépendants arrêtèrent, faute de moyens, leurs émissions les unes après les autres. Aujourd’hui, une petite poignée résiste tant bien que mal, mais aucun n’a pu se professionnaliser (en France) dans ce secteur.

Où est le problème, le bug ?

Et si le problème du podcasting était le mot “podcast” ? Que signifie aujourd’hui ce mot pour le grand public  : rien,  à part pour quelques Geeks accros aux nouvelles technos. Le mot “podcast” est une contraction de “iPOD” et “BroadCASTing” et c’est peut-être ça le début du problème.

En 2005/2006, l’iPod était considéré comme un baladeur MP3 très haut de gamme. A cette époque, la société Apple n’avait ni lancé l’iPhone ni d’autres produits grand public comme les iPod Nano ou Shuffle. Elle n’avait donc pas l’estime qu’elle connaît aujourd’hui. De ce fait, le podcasting était donc un échec annoncé. Communiquer sur un nouveau média et vouloir créer un nouvel usage en s’appuyant uniquement sur un produit tel que l’iPod qui coûtait à l’époque entre 300 et 450€, n’était sûrement pas une bonne idée.

D’un point de vue marketing, vouloir vendre une technologie directement associée à un produit élitiste, la rendant de ce fait encore plus élitiste, ne pouvait pas intéresser le grand public. De plus le taux de pénétration de l’iPod en France était à cette époque ridicule, et ceux qui avaient la chance d’en posséder un ne savaient pas forcément y associer les fameuses émissions podcastées, pour la plupart ils ne savaient même pas que ce media existait.

Quels sont les autres problèmes liées à ce média ? Quelles possibilités offre encore cette techno ? Peut-elle être utlisée autrement, de façon corporate peut-être ? … On en parle dans le prochain billet.



  • 13 Commentaires

    1. Walter Proof on 4 January 2009

      Ouais. Pas très encourageant, mais juste.

    2. Fred on 4 January 2009

      C’est que la première partie … ;)

    3. gaby on 4 January 2009

      Je pense que le vocable technologique joue effectivement beaucoup sur l’accessibilité du produit… il n’empêche que je connais beaucoup d’utilisateurs apple, plutôt elitistes comme tu dis, qui ne se sont pas pour autant intéressés au podcast! j’attends la suite de ce petit historique!!

    4. StuFF mc on 4 January 2009

      #1 – Ce n’est pas Adam qui a inventé le terme “podcasting”
      #2 – Il a commencé le Daily Source Code en 2004. De mémoire Bertrand Lenotre a aussi commencé en 2004. Mi 2005 c’est trèès tard. C’est à cette époque que j’ai commencé mais on était déjà au moins 10 ou 20 podcasts francophones.
      #3 – Il est faux de dire qu’aucun n’a pu se professionaliser… Certes, très peu (pas moi par ex.), mais certains on pu.
      #4 – En 2005 à lancé l’iPod nano – En septembre. L’iPod shuffle a même été introduit en janvier 2005.

      Perso je pense qu’on s’ai tous trompé de Business Model. Oubliez les pubs pour Bouygues dans votre podcast. Utilisez celui ci comme une vitrinne pour une activité qui rapporte *réellement* de l’argent (ex. moi pour le dev iPhone, Weber pour la création de vidéos pour les entreprise). Ou alors vivez ça en sachant que vous ne gagnerez jamais votre vie avec.

      Oui, je sais, ça fait mal au cul, mais au moins on a tous de la vaseline maintenant ;-)

    5. Fred Galliné on 4 January 2009

      Salut Stuff … ravi de te revoir ici ;)

      Merci pour les précisions “historiques” mais le but de ce billet n’est pas de faire un travail d’anthropologie, et même si je pense que Adam Curry fut le premier à utiliser le podcasting pour autre chose que de l’expérimental, ce n’est pas le sujet de cet article. Mais effectivement tu as raison ce n’était pas 2005 mais décembre 2004 ;)

      Je comptais parler de Bertrand Lenotre et des autres podcasteurs dans mes prochains billets mais tu m’as devancé bigre .. ;)

      Excuse de froisser ton égo Stuff lol (j’ai même vu que tu t’auto-citais dans la définition de Wikipédia sur le mot “podcast”…) mais autant il y a quelques blogueurs francophones qui vivent de leurs sites, autant il n’y a pas de podcasteurs qui peuvent se le permettre. Je n’ai pas dit que personne ne ou n’a gagné d’argent avec, je dis juste pas assez pour ne faire que ça … n’est ce pas ? ;)

      Par contre, je ne pense pas que l’erreur vienne du business model, mais bien de la façon dont le podcasting a été “vendu” au grand public. Si aujourd’hui des blogueurs vivent de leurs sites, c’est parce qu’ils ont de l’audience. Dans le podcasting, l’audience n’a malheureusement jamais été suffisante pour intéresser les annonceurs.

    6. Pierre on 4 January 2009

      Bonjour Fred,

      je trouve ton analyse assez juste même si je pense que le podcasting est loin d’être mort même s’il n’a pas (encore??) connu l’explosion qu’on lui promettait.

      C’est vrai que la masse critique d’auditeurs de “vrais” podcasts (comprendre podcasts indépendants) n’a pas augmenté en 2 ans (estimation toute personnelle et très pifométrique). Je me demande même si elle n’a pas baissé.

      Portant plus ou moins en sous-marin, il se passe pas mal de choses, petit à petit ça se développe. Il y a de superbes succès comme Déclencheur qui prouvent que ça peut marcher. Certes la monétisation est à peu près nulle sauf si on a des choses à côté. La formule Fremium ne semble pas décoler.

      En tout cas, comme je le répète à l’envie ici ou là, j’ai toujours autant de plaisir à réaliser mon émission chaque semaine et à faire des rencontres plus ou moins virtuelles par ce biais-là.

      D’ailleurs, maintenant que je suis de ce côté là de l’Atlantique, j’ai bien envie de lancer une rencontre style PodMontréal à Paris (PodParis? PodPaname?). À Montréal on se rencontrait une fois tous les 2 mois environs autour d’une bière dans un bar pour discuter de podcast, ce n’était rien de très formel, j’y ai fait de belles rencontres avec les passionnés.

      Ça vous tenterait?

      A ,

      Pierre – http://www.lepcc.net

    7. Fred Galliné on 5 January 2009

      Merci Pierre pour ton témoignage.
      Le podcasting n’est bien évidement pas mort, je crois sincèrement que cette techno a beaucoup d’avenir. Nous (GPF) avons essuyé les plâtres et le PCC à fait partie des pionniers, donc ton commentaire me touche. Je note ton constat identique au mien sur la non évolution des audiences, et persiste donc à dire que c’est un problème de communication globale et pas une défaillance structurelle du « média » à proprement parler. Je pense que les gens ne comprennent pas, même 4 ans après, ce qu’est le podcasting.

      Même si je suis sur Marseille. Je serai bien évidement partant pour un PodPaname … c’est une excellente idée (par contre, on est obligé de prendre une bierre .. je préfère le Pastis .. origine oblige ;) )

      Promis, les prochains billets seront plus optimistes ;)

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    9. Nicolas Esposito on 10 January 2009

      Salut Fred ! Je me demandais… Suite au commentaire de StuFF, comptes-tu mettre à jour ton billet ?

    10. Fred Galliné on 10 January 2009

      #Nicolas … non, les gens lisent les commentaires et je ne suis pas forcement ok avec tout ce qu’a dit Stuff .. je ne modifie donc pas le billet.
      Par contre je continue la “Story” ou les points de Stuff seront évoqués plus tard. Ces premiers billets étaient là pour poser les jalons.

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    12. Mallox on 12 January 2009

      J’ai trouvé l’analyse forte intéressante et juste.
      Merci Fred

    13. Augustin [RockMuzic] on 12 January 2009

      Bonne analyse… Heuresement qu’il reste des petits jeunes passionnés avec des rêves plein la tête !! Et qui n’ont pour l’instant pas besoin de gagner leur vie… Longue vie à MusiKPlease et à RockMuzic

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